jeudi 2 janvier 2025 · 05h26

comme un chien, comme un rôti

Extraits de Kafka, le temps des décisions de Reiner Stach dans le chapitre "Abandon de soi et angoisse de la sexualité" “ Ma vraie crainte — on ne peut sans doute rien dire ni entendre de pire — est que je ne pourrai jamais te posséder. Que dans le meilleur des cas j’en resterai toujours réduit à embrasser comme un chien insensément fidèle la main que tu me laisseras distraitement, ce qui ne sera pas un signe d’amour, mais seulement un signe du désespoir de l’animal condamné au mutisme et à une distance éternelle. Que je serai assis auprès de toi et que j’éprouverai comme cela est déjà arrivé le souffle et la vie de ton corps à mes côtés et que je…

jeudi 2 janvier 2025 · 05h37

ascèse et sculpture de soi

Extraits de Kafka, le temps des décisions de Reiner Stach : On ne peut l’imaginer s’en remettre aux manipulations d’un psychothérapeute : il ne supportait pas que d’autres portent la main à cette sculpture de soi à laquelle il œuvrait. Chapitre "Ascèse et liste de mariage" A la l'annonce de ses fiançailles dans le journal - "on peut deviner quelle dose d’énergie psychique ce brusque passage du rêve au réel dut coûter à Kafka."p. 655 sacrifice - "Kafka avait résisté, renoncé, détruit la lettre de candidature (l'emploi que Musil lui avait proposé) qu’il avait déjà cachetée. Il avait fait un sacrifice. Et maintenant, il voulait savoir très précisément au nom de quoi."p. 656 angoisse - "Il…

lundi 6 janvier 2025 · 18h43

Notes sur l’infinitif

- Atelier d'écriture Laura Vazquez du 28 décembre 2024 -  s'être tue avoir tu être tue taire et se taire avoir vécu avoir été n'avoir vécu n’avoir été fuir avoir fui avoir dormi avoir oublié s'être relevée errer l'infinitif, temps de l'être sans sujet être l'errance l'infinitif, temps sans adresse manger, être ce qui mange danser temps du dedans du verbe attendre temps du présent, de la présence du passé, de la présence du futur infinitif : définitif de l'infini rire jouir dire le temps de la porosité de la peau en allée s'ouvrir s'être ouverte / l'avoir été (avoir été ouverte) s'en être allée avoir mouru être morte     Les ateliers d'écriture Laura…

mardi 7 janvier 2025 · 09h30

paranoïa renoncée et paranoïa inversée de Lacan

On le sait, je me relis. Je relis depuis hier un rêve fait en 2012, en décembre 2012, "J'aurais tué Nathalie F". Dans l'analyse de ce rêve où je vais aller en prison pour avoir tué quelqu'un, je cite rapidement la "paranoïa renoncée" de Lacan : Et ensuite, il cherchera à donner à la psychanalyse un nouveau fondement avec le langage. Ainsi, je vois la passion de Lacan traverser son enseignement, la passion qu’il subit d’être seul. Et en même temps, son mouvement propre est celui d’échapper à la clinique que promeut la passion d’être seul. Si Lacan a commencé par une clinique de la paranoïa dans sa thèse de psychiatrie, s’il a ensuite, et…

mardi 7 janvier 2025 · 11h47

les extractions possibles

Or donc, je me relis, je me relis et je me dis que oui, il faudrait que je reprenne les Nathalie, tous les articles où Nathalie apparaît dans mes rêves et que j'en fasse un texte séparé, que je l'extraie du blog, que j'en fasse une petite publication séparée, qui tienne à soi seule, sur elle-même, comme j'ai eu l'ambition de le faire pour ma tante Titi. Mais on sait bien que je ne peux me permettre aucun ambition, que je ne me tiens à aucun projet. Pourtant, ce serait intéressant. A quelles autres extractions ai-je déjà pensé ? Le K. Les Fracassemeurs, Il y en a d'autres. Qui nombreuses se recoupent. A réfléchir, Ou…

mercredi 8 janvier 2025 · 04h22

de vocalises silencieuses in the middle of the night et de leurs conséquences

je me suis réveillée vers 3 heures, il est 4h22, je suis dans le canapé du salon, assez fatiguée mais j'ai l'impression que je ne suis pas prête de dormir. je n'ai pas fait d'instagram puisque j'ai désactivé mon compte. un jour, on ne saura plus ce que c'est instagram. à la place j'ai mis de l'ordre dans mes photos sur onedrive. un jour on ne saura plus ce que c'est onedrive. la pièce est éclairée avec la toute fine guirlande led, si fine qu'elle est un peu indémêlable, que jules avait tout de même un peu démêlée et installée. j'ai l'impression d'une tension un peu élevée dans mon crâne, dans mon cerveau. je ne…

lundi 13 janvier 2025 · 21h52

lundi 13 janv. 2025, 21:52

Elle fait un pas dans la chambre, elle dit à son compagnon couché, à son compagnon au lit, qui regarde un anime à la télé, je me fais un thé j'arrive. Elle sort de la chambre, elle longe le couloir dans l'obscurité, elle est suivie par son chat, elle rentre dans une cuisine où règne un peu de désordre, elle met un sachet de thé dans une tasse, elle verse de l'eau bouillante . Elle sort de la cuisine, pénètre le salon, va vers la table, prend des assiettes qui traînent, les ramènent à la cuisine. en chemin son chat lui saute sur les mollets.

vendredi 17 janvier 2025 · 20h02

Kafka – autojustice

Kafka, le temps des décisions de Reiner Stachs - extraits du chapitre "Autojustice : Le procès et Dans la colonie pénitentiaire" rire irrésistible - D’après une anecdote souvent citée, Kafka, lorsqu’il lut à ses amis le premier chapitre du Procès, aurait tant ri que « par instants il ne pouvait continuer sa lecture », tandis que ses auditeurs étaient eux-mêmes saisis d’un « rire irrésistible ». « Assez étonnant, écrivit Brod rétrospectivement, quand on songe au terrible sérieux de ce chapitre. Et pourtant, c’est la vérité.1 » cachotterie - "Et pourtant, l’état chaotique de ses manuscrits, cause de plusieurs décennies de débats entre les spécialistes, n’a strictement rien à voir avec sa fameuse tendance à la « cachotterie ». Aussi paradoxal que cela…

samedi 1 février 2025 · 07h35

re: votre maman

bonjour, excusez-moi de n'avoir pas pris plus tôt le temps de vous répondre et vous remercier, c'était compliqué. je vois qu'elle va bien. qu'elle est toujours souriante et sociable. elle lit selon moi beaucoup moins bien, elle ne déchiffre plus, ne comprend plus rien. il y a quelques mois, elle me lisait avec intonation, intérêt et commentaires. mais, elle tente encore, ça l'intéresse encore. elle s'accroche. vous avez raison : elle cherche à lire, tant que possible. j'interprète ça comme une volonté de rester dans la communauté humaine, le monde du langage, de produire encore des mots, du sens, même s'il lui échappe. elle ne me reconnaît plus vraiment comme sa fille, elle ne sait…

dimanche 2 février 2025 · 07h10

c’est plus calme pour moi d’être à bruxelles, plus facile dans la maison de ma mère. 

réveillée un peu trop tôt. j'hésite à refermer les yeux. c'est plus calme pour moi d'être à bruxelles, plus facile dans la maison de ma mère.  il y a cette envie de maintenir son ordre, l'ordre auquel elle s'est accrochée, par où elle traçait les limites de son labyrinthe ou de son terrier, par où elle s'auto-limitait,  échappait à l'angoisse. angoisse sur laquelle je mets mes mots. je dis : angoisse du trop ouvert. une maison comme un corps sûr, avec au mur les toiles de mon père. au mur les portraits d'elle, ce corps encore reçu, le souvenir du logis de son regard. une maison où elle a su donner à chaque chose sa…

lundi 3 février 2025 · 13h06

3 février 2025, irrémédiable

Bruxelles, 3 février 2025, irrémédiable (l'avancée dans le temps)1. hier avec J au salon "artists print" (la foire indépendante du livre d’artiste et du multiple organisée par Jeunesse et Arts Plastiques (JAP), à la Maison des Arts de Schaerbeek)très chouette, surtout la cafet et le jardinmais les livres et publications aussiet les personnesmais tellementet tellement de choses intéressantes (en même temps, je n'ai jamais été une bonne acheteuse.) ça donne d'abord envie de faire soi-même, tout ce qu'on voit là-bas. ce que je devrais arriver à faire c’est tenir un journal d’autiste.il y a une peur, pas seulement chez moi, mais dans le monde, un désir de dire brut qui rêverait de s'abriter dans un…

samedi 8 février 2025 · 21h24

#boost 00 | parc

oh mon amourmon amour mon amourmon amour                                      est-ce qu'il ne reste que ces mots, les seuls dont je veuxmon amour, je          ne veux plus qu'une plainte, de la maison vide elle est sortie presque courant, elle est expulsée,                      il fait froid tu sais tu n'entends,                      elle veut aller face                                                             à la plaine elle veut aller face à la peine face à la ronde plaine verte en bord interne de la ville.                                      sortie presqu’en courant, elle veut le bout d’un monde et qu’il se crée ou s’évide                     elle va au bord de la plaine verte                                    elle y va pour voir                          elle veut s’arrêter face à la plaine elle veut voir l’espace où elle…

dimanche 9 février 2025 · 12h27

#boost 01 | champ de terre

pour le moment je ne connais de terre que celle comme une mer où l'on se noie. un champ visqueux de terre retournée abandonné brun sous un ciel bas. un vaste champ de guerre, de deuxième guerre, un champ de terre de guerre, un champ d'hiver, de courtes vagues noires  et brunes que ne ponctue plus aucune écume. grand champ de terre d'une guerre disparue que couvrent aujourd'hui les gravats. terre de guerre où tu t'enterres terre où tout s'enferre imagine, de glaise tu te lèves ils se lèvent de glaise zombies de l'espoir de l'histoire vers le soleil couchant leur clin d'œil jeté vers toitoi qui spectre le tableau rappelle la mère rappelle le filsdis-leur que tu viens pour le café…

lundi 10 février 2025 · 06h56

de retour donc à paris, je me lève et c’est sans chester,

de retour donc à paris, je me lève et c’est sans chester, sans chester le chat. au lit longtemps restée ne sachant pas où j’étais, devant le chercher. m’étant à bruxelles inscrite à l’atelier françois bon, l’atelier boost, prenant ce risque, désireuse de m’offrir à nouveau un espace d’écriture, neuf, où je ne serais pas seule et où je voulais pourtant l’être, autant seule que possible. m'ouvrir un temps de récréation. j’ai alors tout à fait abandonné ce dans quoi j’étais avant le départ à bruxelles, où j’étais pourtant si fort, impliquée. pour le  dernier atelier, l’atelier de la semaine, terre, FB offre de lire tarkos.

samedi 15 février 2025 · 16h40

#01 | nuit d’été

ST2 / liminaire Dans terreur, il y a terre. Cette nuit-là, j’entends : dans terreur, il y a terre. ST4 Erre : lieu d’errance. Ton erre favorite. Comme une erreur. ST2 Vers les trois heures, j’ai ouvert à la terreur des coupables, mon maître. La nuit avançant, à entendre ses jugements sévères, j’ai eu besoin de mordre, de mordre la poussière, et j’ai mordu la terre, sa pomme. Elle était fraîche et boueuse et je me repaissais loin des regards, avilie, les yeux sur la fenêtre ouverte à l’absence des dieux et des pierres des yeux. Dans la chambre flottait les cendres d’une fine lune. Je roulais au sol. ST4 Atterrer. Etymologie. D’abord, ça a été littéralement…

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