samedi 11 août 2018 · 08h24

De la sphinge grecque à la surmoitié (Joëlle Fabrega)
— ...lorsque le sujet féminin fait appel à l’homme à partir de sa jouissance

[...] Lacan va régulièrement se saisir de la figure de la sphinge, notamment dans les Séminaires « La logique du fantasme », D’un Autre à l’autre et L’envers de la psychanalyse. Mais c’est dans « L’étourdit » qu’il lui donnera sa valeur finale de surmoi féminin qu’il appellera « la surmoitié » (( Lacan J., « L’étourdit », Autres écrits, op. cit., p. 468.)). Éric Laurent, dans son bel article « Positions féminines de l’être »  (( Laurent É., « Positions féminines de l’être », Quarto, n° 90, juin 2007, p. 28.)), commente la prosopopée de la sphinge lacanienne. Il y montre comment Lacan associe dans « L’étourdit » la position féminine à une position surmoïque lorsque le sujet féminin fait appel à l’homme à partir de sa jouissance.…

dimanche 19 août 2018 · 18h15

Le caprice féminin, Frank Rollier (extrait)

[...] A la fin du paragraphe, Kant note entre parenthèses quatre mots en latin : « Sic volo, sic jubeo », « Ainsi je le veux, ainsi je l’ordonne », dont J.-A. Miller retrouvera l’origine chez Juvénal. À Rome à partir du premier siècle (années 90), Juvénal écrit une série de satires dans lesquelles il dénonce l’hypocrisie des puissants, les mauvais exemples que donnent les parents à leurs enfants, la corruption et la luxure de la société impériale. Dans la satire VI, il s’en prend avec véhémence à la femme mariée, dépeinte comme étant toujours insupportable, sinon dépravée. Il tente de dissuader un ami qui songe à se marier et, entre autres exemples, rapporte cette…

jeudi 11 avril 2019 · 18h25

« Les ruses de l’intelligence : La mètis des Grecs « 
— Extrait d'une interview de J.-P. Vernant par Georges Charbonnier

Notion centrale et notion très complexe, puisque le mot métis est d’abord un nom commun, qui signifie non pas l’intelligence mais une forme particulière d’intelligence qui est faite de ruses, d’astuces, de stratagèmes, et même de dissimulation, voire purement et simplement de mensonges. On peut dire que le héros humain de la métis, pour les Grecs, c’est Ulysse. [...] de là aussi, dans le domaine du monde animal où certaines bêtes sont en quelque sorte aux yeux des Grecs, les symboles de ce type particulier d’intelligence et spécialement deux animaux : le renard, parce que le renard c’est l’animal à métis, c’est le fourbe, le rusé fait animal comme Ulysse est le rusé fait homme, et…

jeudi 11 avril 2019 · 19h18

Faire couple, avec la Métis, par Monique Variéras

Primatice est un des maîtres incontestés de l’École de Fontainebleau, le premier à mettre en scène la Cour. Il imagine fêtes et mascarades, multiplie les décors intérieurs (la Galerie Basse, l’Appartement des Bains, la chambre de la duchesse d'Étampes, le cabinet du roi, etc.) mais aussi dans le jardin du château de Fontainebleau (pavillon de Pomone, fontaine d'Hercule, grotte des Pins). Peintre du roi, à la fois dessinateur, sculpteur, architecte, Primatice fait évoluer l’art en introduisant en France le raffinement et le maniérisme italien, l'héroïsme épique (en référence permanente à la mythologie, dieux et héros) créant ainsi un style personnel, un style primaticien, dont l'influence va gagner toute l'Europe. Francesco Primaticcio, dit Le Primatice (né en 1504 Bologne, alors dans les États pontificaux et mort à Paris en 1570) est un peintre, architecte et sculpteur italien de la Renaissance tardive.

08/11/2015 Légende illustration : Ulysse et Pénélope, vers 1545, Le Primatice, (Toledo, Ohio, Toledo Museum of Art) Ulysse et Pénélope, un couple étrange et séparé qui tient pourtant le récit jusqu’au temps retrouvé. Dans l’éloignement spatial et temporel se répond ce qu’ils ont en commun : la métis. La métis, ruse du non rapport sexuel, fil ténu mais solide qui retient sur la rive du désir l’irrésistible dérive que commande la pulsion de mort. Dans cette longue et périlleuse Odyssée, Ulysse, le prométhéen, arrime son désir à sa ruse qui conduira son retour. Pénélope met en écho sa propre ruse par son activité tisserande qui ne connait pas de produit fini. Son pré-texte à l’assaut insistant des…

vendredi 9 octobre 2020 · 14h09

L’Un tout seul avec Parménide

L’Un tout seul avec Parménide Par Dominique Rudaz De ce qui est, de ce qu’il y a La question de l’ontologie, de ce qui est, et de l’existence, de ce qu’il y a, est centrale dans notre expérience analytique, puisque la position que nous prenons par rapport à notre pratique varie singulièrement selon qu’on l’ordonne à ce qui est ou à ce qu’il y a[1]. Si, comme Miller nous explique, « le secret de l’ontologie »[2] est que l’être n’est que du semblant, si l’être ne tient qu’au discours, à ce qui est dit (l’être de langage), alors qu’est-ce qu’il y a, qu’est ce qui existe en deçà ? Ce qu’il y a, ce qui existe, ce…

lundi 17 mai 2021 · 15h18

Hadewijch et Lacan – ce réel qui est la solitude

"Ce réel qui est manque et jouissance en même temps, substance et absence, sans nom et sans attributs mais réclamé comme un dû et revendiqué comme une créance, tout tissé de contraires comme un souhait dans un rêve, ce réel n'est-ce pas tout simplement la solitude, "la solitude qui découle du rapport qui ne peut s'écrire ? Car la solitude s'écrit, elle est même ce qui s'écrit par excellence, elle est ce qui d'une rupture de l'être laisse trace."Anne Dunand, "Commentaire de Hadewijch  (poème XVIII)", Ornicar ? 47 (citation, Jacques Lacan, Séminaire XX, Encore, p. 109).

mardi 1 juin 2021 · 05h09

Éric Laurent, « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale », Ornicar? 47

(p. 8) Le sujet et sa cause dans la mélancolie Cliquer pour lire (p.9) (...) "Voici donc liés le moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire." 13 D'une phrase, (...) Lacan donne sa forme au sacrifice primitif dans le fort/da et les jeux d'occultation, qui sont les premiers jeux de l'enfant : "Nous pouvons les concevoir comme exprimant les premières vibrations de cette onde stationnaire de renoncements qui va scander l'histoire du développement psychique".14 (...) Le sacrifice primitif est sacrifice du sujet, c'est le rapport à l'Autre qui est paranoïaque. A cet égard, le suicide mélancolique est le pendant du meurtre immotivé sur le versant paranoïde ; c'est le point…

mercredi 2 juin 2021 · 22h37

Un exercice de lecture

par Esthela Solano* source: https://www.psychaanalyse.com/pdf/lacan_LECTURES.pdf Le Séminaire « R.S.I »1, d’une grande complexité, inaugure le passage de l’enseignement de Jacques Lacan à ce que Jacques-Alain Miller a nommé « le tout dernier enseignement». Quel est l’intérêt de Lacan au moment de ce Séminaire? Celui de toujours, celui de la pratique analytique, au sens de l’opération analytique. Dans ce Séminaire il se pose à plusieurs reprises la question qui l’a occupé tout au long de son enseignement et qu’il reformule dans la leçon du 14 janvier 1975, de la façon suivante : « Qu’est-ce qu’implique que la psychanalyse opère ? »2. Cette question, qui concerne l’opération du discours analytique, ne va pas sans comporter un questionnement…

mardi 7 septembre 2021 · 08h21

un chien maltraité n’ayant rien à dire sur son sort, n’ayant plus droit à la parole – voué à disparaître (le retour du Fort-Da)

Extraits de L'envers de la biopolitique, Une écriture pour la jouissance, Eric Laurent, "Jouir à corps perdu", p.119- Lacan, dans son Séminaire XXIII (=Le sinthome), procède, à partir de la jouissance masochiste de Joyce, à une double relecture de la clinique de la perversion et de celle de la sublimation. Il avait à différents moment dans son enseignement, souligné combien ces deux modes de satisfaction de la pulsion dégagés par Freud, apparemment opposés l'un à l'autre, interrogeaient tous les deux la jouissance phallique. Il y avait, dans les deux cas, un accès à la satisfaction directe de la pulsion, sans en passer explicitement par la castration et son agent paternel. Aussi Lacan a-t-il proposé diverses…

mardi 7 septembre 2021 · 18h10

L’immixtion des sujets, Liliane Fainsilber

Le terme d'immixtion des sujets m'étant revenu lors de l'analyse de mon dernier rêve (Edouard devient fou), sans que je ne sache plus vraiment ce qu'il recouvrait, j'ai fait une recherche sur internet portant sur "immixtion des sujets dans le rêve Freud" et suis tombée sur cet article.  Article de la psychanalyste Liliane Fainsilber, publié sur son blog, Le goût de la psychanalyse, le 31 octobre 2010 L'immixtion des sujets (une difficulté théorique) Pour décrire les désastres que provoque au niveau de l’imaginaire la forclusion du nom du père dans la psychose, Lacan utilise ce terme énigmatique de « l’immixtion des sujets ». L’ancien mot latin, immixtio, donc l’ancêtre de l’immixtion, peut se traduire par le mot…

dimanche 12 septembre 2021 · 18h38

Mélancolie et psychose ordinaire, Sophie Marret-Maleval

En 1998, Jacques-Alain Miller introduisait le terme de « psychose ordinaire » pour évoquer les formes non déclenchées ou tempérées de la psychose, sur lesquelles la clinique contemporaine, dans le sillage du dernier enseignement de Lacan, a conduit à mettre l’accent. En effet la psychose est de structure pour Lacan, conséquence de la forclusion du Nom-du-Père dont les effets peuvent se repérer dans un temps d’avant le déclenchement. Dans un récent article, J.-A. Miller précise : « la psychose ordinaire n’a pas de définition rigide » [1] ; il la définit ainsi : peut-être que «la psychose ordinaire est une psychose qui n’est pas manifeste jusqu’à son déclenchement » [2] La psychose ordinaire s’oppose à l’extraordinaire des formes déclenchées. Lacan réduit, dans son dernier enseignement,…

samedi 2 octobre 2021 · 11h53

4 octobre 2020 – réalité vérité réel

Ecrit en commentaire à un texte sur Facebook très remonté contre Emmanuel Carrère, l'accusant entre autres de proposer aux grands déprimés de se faire faire une cure de bonne conscience auprès de réfugiés sur une île grecque, tout en travestissant  la réalité des faits alors qu'il se targue de toujours vouloir dire la vérité, ce dont il fait même le cœur de son livre et de son écriture. Certains écrivent, d'autres pas. Certains s'y autorisent, d'autres pas. Certains y sont obligés, d'autres pas. À toutes sortes d'égards, écrire est maladie, écrire fait partie de la maladie, écrire est sa guérison. Peut-on enlever l'écriture à Emmanuel Carrère ? Qui le peut ? Ces "révélations" de l'ex-épouse…

vendredi 10 juin 2022 · 18h38

Retirer l’escabeau pour accéder au sinthome

Retirer l’escabeau pour accéder au sinthomepar Marie-Hélène Blancard, Hebdo-blog 28 du  13 avril 2015 Jacques-Alain Miller, dans son "Introduction au prochain Congrès de l’AMP"1, fait de l’escabeau un concept transversal qui « traduit d’une façon imagée la sublimation freudienne, mais à son croisement avec le narcissisme ». « Et voilà, ajoute-t-il, un rapprochement qui est de l’époque du parlêtre »2 Écrire le livre du père Enfant chagrin et adolescent rebelle, ce sujet avait trouvé très tôt sa solution – écrire des livres. L’écriture justifiait son existence et lui rendait la vie supportable. Mais il en éprouve l’impasse à la mort de son père : écrire ce qu’il appelle « le livre du père » le fixe à une jouissance mortifère dont il ne…

samedi 11 juin 2022 · 07h51

l’escabeau du cas (mon escabeau de mon cas)

L’escabeau psychanalytique, c’est « ce sur quoi le parlêtre se hisse, monte pour se faire beau. C’est son piédestal qui lui permet de s’élever lui-même à la dignité de la Chose. […] L’escabeau, c’est un concept transversal. Cela traduit d’une façon imagée la sublimation freudienne, mais à son croisement avec le narcissisme. […] L’escabeau est la sublimation, mais en tant qu’elle se fonde sur le je ne pense pas premier du parlêtre. Qu’est-ce que c’est que ce je ne pense pas ? C’est la négation de l’inconscient par quoi le parlêtre se croit maître de son être. Et avec son escabeau, il ajoute à cela qu’il se croit un maître beau. Ce qu’on appelle la culture n’est…

vendredi 19 août 2022 · 11h43

To do

mélancolie Ajouter bibliographie mélancoliqueAjouter textesRecherche inhibition mélancolique 19.08.22 Je rouvre le blog (en ayant exclu plusieurs catégories à la publication) dans le but de comprendre(!) l'inhibition mélancolique. Je doute que j'arrive à progresser en ce sens, cette inhibition ayant largement pris possession de ma vie. Mélancolie et psychose ordinaire, Sophie Marret-Maleval Freud insiste ainsi sur le caractère d’énigme de l’inhibition mélancolique (Freud, « Deuil et mélancolie » Métapsychologie, Paris, Gallimard, coll. Idées, 1968, p. 152.) ; il laisse déjà entendre que les troubles de l’imaginaire affectent le sens. Dans « Deuil et mélancolie », Freud caractérise la mélancolie par une dépression profondément douloureuse, la suspension de l’intérêt pour le monde extérieur, la perte de la capacité d’aimer,…

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