il m’apparut au réveil que ma façon d’être toute-une-à-une-seule-chose, tant d'années durant ardemment combattue, tant cela s’apparente à un gouffre, est peut-être le meilleur moyen de lutter contre le sentiment d’errance qui fait le fond de mes jours, de tenir un fil sans le lâcher, d’avancer sur le vide – comme je me réveillai dans l’envie de reprendre ce texte lu hier soir, sur la mélancolie, en lieu et place de quoi, comme j’ouvrais mon téléphone, je publiai les photos de ces pages, merveilleuses, que je relus par le même occasion, de Catherine Millot dans Abîmes ordinaires (et non pas « intérieurs », comme je l’ai certainement noté, et qu’il me faut immédiatement corriger !) à les relire, je compris ce qui m'avait échappé, cette intransitivité…
toute-une-à-une-seule chose
Rêve – L’autre femme / La vie là
RêveIl y a une autre femme.Il y a une autre femme. Mais c'est peut-être moi. Dans le rêve, c'est comme si je n'étais pas moi, mais l'autre femme. Je ne sais pas où est moi. Il y a cette sensation d'un manque de moi. ( D'être là, en ombre dans un coin de image, en bas, à droite, en trou dans l'image. C'est depuis ce trou, cette ombre, que j'assiste au rêve. Rien de dramatique: c'est le prolongement de ma conscience de rêveuse, sa silhouette dans l'image. Je me vois voir, assister au rêve.) Il y a une deuxième fois. C'est la deuxième fois. Je suis seule. Je ou elle. Il y a beaucoup de…
à h. parker :: la sphère
chère Hélène Parker bonjour, sur twitter je tombe sur ce bout de phrase : the body is submitted to the deadly effects of the signifier. le corps est soumis aux effets mortels/mortifères/létaux du signifiant. et je me dis que l’expérience que j’en acquiers, avec le tai chi, est tout autre. je ne m’explique pas le chi (1) et les effets de chi. je tente de me les expliquer. ainsi l’autre jour, au cours du vendredi, nous nous appliquions à dessiner/forger une sphère dans le ventre, une sphère dont le centre soit le tantien (2), le centre du corps. ce jour-là, Pierre dit que l’on retrouve alors la sphère, qu’il y aurait une sphère primitive perdue au fil de…
Éric Laurent, « Mélancolie, douleur d’exister, lâcheté morale », Ornicar? 47
(p. 8) Le sujet et sa cause dans la mélancolie Cliquer pour lire (p.9) (...) "Voici donc liés le moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire." 13 D'une phrase, (...) Lacan donne sa forme au sacrifice primitif dans le fort/da et les jeux d'occultation, qui sont les premiers jeux de l'enfant : "Nous pouvons les concevoir comme exprimant les premières vibrations de cette onde stationnaire de renoncements qui va scander l'histoire du développement psychique".14 (...) Le sacrifice primitif est sacrifice du sujet, c'est le rapport à l'Autre qui est paranoïaque. A cet égard, le suicide mélancolique est le pendant du meurtre immotivé sur le versant paranoïde ; c'est le point…
« tout entier pris dans le sacrifice, sans aucun recours »
L'action du sujet dans le fort/da est exemplaire. En nommant le vide créé par l'absence de la mère à l'aide de l'alternance présence/absence de la bobine, le sujet la détruit comme objet, mais il constitue cette action même comme objet en la répétant. Le sujet "élève son désir à une puissance seconde (...) Le symbole se manifeste d'abord comme meurtre de la Chose, et cette mort constitue dans le sujet l'éternisation de son désir."15 Le fort/da n'est plus seulement scansion, mais véritable fondement de l'édifice subjectif du désir. La mélancolie, sacrifice suicide, s’identifie à cette mort du sujet qui se nomme dans le même temps où il s’éternise. Par là, le sujet se fait pur…
Un exercice de lecture
par Esthela Solano* source: https://www.psychaanalyse.com/pdf/lacan_LECTURES.pdf Le Séminaire « R.S.I »1, d’une grande complexité, inaugure le passage de l’enseignement de Jacques Lacan à ce que Jacques-Alain Miller a nommé « le tout dernier enseignement». Quel est l’intérêt de Lacan au moment de ce Séminaire? Celui de toujours, celui de la pratique analytique, au sens de l’opération analytique. Dans ce Séminaire il se pose à plusieurs reprises la question qui l’a occupé tout au long de son enseignement et qu’il reformule dans la leçon du 14 janvier 1975, de la façon suivante : « Qu’est-ce qu’implique que la psychanalyse opère ? »2. Cette question, qui concerne l’opération du discours analytique, ne va pas sans comporter un questionnement…
orage et tachypsychie
l'orage est passé, le jour se lève. quelle beauté cet orage, quel appaisement. immensité. tout du long, j'aurais pu écrire, je ne l'ai pas fait. j'ai laissé l'orage à l'orage. il ne se représentera plus jamais. à moins qu'il n'ait ouvert une nouvelle ère, d'orages. difficultés. hier relu ces passages dans Emmanuel Carrère qui m'avaient mis la puce à l'oreille. bien sûr j'aurais dû écrire pendant l'orage. je n'ai plus que les dernières gouttes, et tout du long qu'il s'abattait, splendide, je pensais à ce moment où il s'arrêterait. au centre de ma maladie, c'est bien plutôt le temps. un gros problème avec le temps. celui qui passe. à Emmanuel Carrère, quand on lui dit…
Yoga, d’Emmanuel Carrère (extraits)
"Tachypsychie C'est un mot que je ne connais pas, "tachypsychie". Je l'ai entendu pour la première fois dans la bouche du premier psychiatre auquel j'ai eu affaire - homme doux et humain, à qui je pense avec gratitude. La tachypsychie, c'est comme la tachychardie, mais pour l'activité mentale. Les pensées sont erratiques, sans suite, stridentes. Elles s'agitent en tous sens, trop vite. Elles tourbillonnent et blessent. Ce sont des vritti, mais des vritti surmultupliés, une tempête de vritti, des vritti sous cocaïne. Cela décrit bien mon état. Moi qui me croyais en si bonne voie pour les domestiquer et atteindre l'état de quiétude et d'émerveillement, je suis la proie de vritti déchaînés. Je leur suis…
rêve : une bébée restée seule avec une policière ayant sacrifié à la loi
cauchemar ? un enfant, des parents. un enfant, un bébé, un père, une mère. Le père la mère poursuivis, terroristes. le père enfui. grâce, je crois à un policier ou une policière. la mère restée avec bébé. policière lui permet également de s’enfuir. risque son poste car on découvrira que c’est elle qui a facilité cette fuite. le bébé reste là (avec la policière qui a sacrifié sa carrière). les parents ont des pouvoirs de super-héros. policière : je songe à mon analyste... (à ce que j'attendrais d'elle?)
emmanuel carrère, suite
réveil. au lit, noir de la chambre, je ne sais pas encore qu'il est tard déjà, bon sommeil, cauchemar, chaleur, souvenirs des lectures de la veille.j'entends : tuuuue.... toi - un très long tue, qui pourrait presque valoir pour tu es ou tue, finalement arrive toi. je pense à tout ça, ces formules entendues depuis si longtemps, qui reviennent régulièrement. que je ne retiens plus que comme le signal de quelque chose qui ne va pas, qui seraient celui d'une "mélancolie enclenchée". il faudrait que je raconte quand ça a commencé, ces cruelles pensées, mais pas maintenant. que j'ai un moment appelés les fracassemeurs, quand les injonctions étaient beaucoup plus violentes, puissantes, et alors pleines…
DSM, industrie pharmaceutique et bipolarité
j'ai parlé un peu vite et ne retrouve pas ce à quoi je pensais : l'invention d'un trouble par son inscription dans le DSM qui permette la mise sur le marché d'un médicament. s'agissant de la bipolarité à tout le moins, je n'ai pas retrouvé ce que je pensais avoir retenu et je tombe sur cette interview d'un psychiatre qui a travaillé au DSM-4, avant de prendre sa retraite et qui en dit ceci : Le « DSM-IV » a-t-il vraiment stoppé l’inflation diagnostique ?Oui. Nous avons analysé 93 suggestions de changement et n’en avons retenu que trois. Cependant, ces modifications que nous pensions mineures ont eu des conséquences inattendues. Ainsi le trouble bipolaire de type 2, que…
lundi 7 juin :: je quitte la piscine-millot
lundi 7 juin matinvoilà, c'est fait je me détache, j'oublie, déjà, CM. combien j'ai tenu à elle, le temps de la lire. et là je le sens, je m'éloigne, de plus en plus de son bord.je tenais tant, à la piscine-millot. s'agripper au bord de la piscine. bientôt reprise par.ai-je tout noté, l'important?qu'ai-je dit?heureusement que je sais nager. 16:15dans la rue. je ne m'en sortais plus. je suis sortie, je fume une cigarette payée 80 centimes d'euro. je ne sais pas du tout quoi faire. il fait beau. tout est étonnant,j'aurais presqu'oublié qu'il y avait des masques. je fais le tour de la place immense.plus que quelques rues à parcourir pour rentrer chez moi. je n'ai…
home working
jamais seule. ce qui me manque c'est d'entendre mes gestes résonner dans le silence. mes gestes, mouvements, déplacements, présence. d'entendre résonner ma présence dans le silence.
être le jardin, être la maison
Paris, lundi 28 juin, matin, rentrés hier, dimanche, de Donn, découvert inondation dans le dressing (important dégât des eaux). de la nuit de vendredi, si importante, je ne sais si j'arriverai à écrire encore quelque chose. nuit de vendredi 25 à samedi 26 m'étais réveillée très tôt. 3 heures, je crois. mal aux dents, aux oreilles. (avais mangé beaucoup de sucre, je ne peux pas.) j'écris ce qui me revient, peu : ce sentiment d'être dans les limites du jardin, d'être le jardin. et alors, au sortir de la nuit, cette impression de savoir. de savoir quelque chose, d'avoir compris, de mon fonctionnement. je ne me suis pas écoutée, pas pris le temps d'écrire. en…
la nature de mon corps
Nathalie est fâchée sur moi et j'en suis fâchée. je tente de me faire excuser en lui disant que je suis bipolaire. je lui parle aussi de ce qui peut s'atteindre dans le corps, du corps, se vivre. j'exige alors d'être ramenée "quelque part". nous partons en taxi. arrivée cage aux ours, explosion. je repars dans ma rue seule et heureuse, avec le taximan.